vendredi 16 juin 2017

No Peace At All*




Il y a quinze mois et des poussières, je quittais le (relatif) confort du salariat pour me lancer dans la vie d'artiste. Sans filet. Quelle dose d'inconscience faut-il pour faire cela ?

Aujourd'hui, malgré un livre qui se vend bien (disons mieux que prévu) et qui m'a ouvert des portes, cette nouvelle vie est tout sauf facile. J'alterne joies intenses et angoisses abyssales, comme si j'étais embarquée sur des montagnes russes... qui ne s'arrêtent jamais. Mais je m'accroche.
Je trace mon chemin, j'avance, j'expérimente. J'accepte des trucs inhabituels, nouveaux. Je n'aime pas beaucoup l'expression "zone de confort", mais c'est précisément ça : je ne cesse de sortir de cette (toute petite) zone de confort et, du coup, de surprendre la trouillarde en moi.

À part ça, je voulais vous raconter plein de choses, mais je n'arrive plus à écrire, et de toute façon, le travail m'appelle.
Une petite chose quand même : si vous êtes à Lyon cet été et que vous aimez manger, je ne saurais que trop vous conseiller d'aller faire un tour au Kitchen Café, que ce soit pour la cuisine délicieuse et inspirée de Connie ou pour les fabuleux desserts à l'assiette, les divines brioches et l'excellent chausson aux pommes (avec une superbe croûte de sucre comme chez Utopie) de Laurent. Accessoirement, vous pourrez y voir une série de dessins que j'ai faits sur le thème de Hong Kong (et vous constaterez que je ne dessine pas que de la nourriture).




Et pour ceux qui seraient du côté de Cahors le week-end du 1er juillet, sachez que je participe au Festival Lot of Saveurs, où je signerai mon livre et interviendrai à une table ronde (ça fait partie des trucs nouveaux).



J'espère trouver le temps de revenir ici cet été pour vous raconter mes nouvelles lubies culinaires et vous montrer plus de dessins et de pages de carnets...


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* Une chanson de l'étrange Aldous Harding que j'écoute beaucoup en ce moment. Le clip vaut le détour.

mardi 28 février 2017

Dix ans après


 Mon premier repas dessiné, posté en 2009


Vous vous souvenez de 2007 ? Moi, je m'en souviens comme si c'était hier. À l'époque, j'habitais le quartier de Plaisance, dans le 14e, j'étais doctorante depuis près de cinq ans et je n'en pouvais plus de cette putain de thèse. Je ne savais pas ce que j'allais bien pouvoir faire de ma vie, mais ce que je savais, c'est que je n'allais pas devenir enseignant-chercheur — j'avais pu m'apercevoir que je n'étais pas du tout faite pour ça. C'était la lose.
Et puis un jour de février, en découvrant l'existence des blogs de cuisine, j'ai tout de suite eu envie de créer le mien. La bouche pleine, ça s'appelait, certains d'entre vous s'en souviennent peut-être. C'étaient les débuts de la blogosphère culinaire. On guettait les nouveaux billets sur Blogappétit, on allait commenter chez les copains, on participait à des jeux comme le KKVKVK (KiKiVeutKiVientKuisiner), on ne se prenait pas trop au sérieux. On se marrait bien en lisant les billets politico-culinaires de Grand Chef sur À la bonne vôtre !, les histoires d'Aurélie de Set de Table et les aventures illustrées de Mouton La Sieste. On se régalait des textes de Patoumi, de l'univers de Cuisine Campagne, on découvrait la cuisine japonaise et l'agar-agar grâce à Clea. On se disait que Le confit c'est pas gras et qu'Il en faut peu pour être heureux. Et puis il y avait Gracianne, Patrick Cadour et Loukoum°°°, qui étaient déjà géniaux et qui ont continué leur blog sans rien changer.
Je repense parfois avec nostalgie à tout cela.

C'était il y a dix ans, et depuis, que de changements dans ma vie. Après la thèse, il y eut le chômage, puis j'ai travaillé, et chômé à nouveau, puis re-travaillé et re-chômé, puis re-re-travaillé et finalement changé de métier et écrit un livre. Ma vie ne serait clairement pas ce qu'elle est aujourd'hui si je n'avais pas créé mon blog — en loucedé — juste avant d'aller voir Regina Spektor au Trabendo en ce jour de février 2007.
Avant l'arrivée des dessins, il y eut quelques recettes chinoises mais pas trop, une montagne de macarons et de biscuits de Noël (les fameux Weihnachtskekse), la BnF et les lunchboxes, le voyage à Hong Kong et au Japon. Et ce voyage fut un déclic : l'envie de dessiner était revenue, après une longue absence.
Au début, ça ressemblait à ça :






 


 


 






 


 


 


 




On est bien d'accord pour dire que c'est un peu mieux aujourd'hui ?






















 


 

 











 Dix ans après, ma vie a changé grâce à tous ces dessins. Et je ne regrette rien.

mercredi 9 novembre 2016

Calendrier gourmand 2017




D'avance, je m'excuse. J'ai encore quelque chose à vous vendre, mais c'est ainsi que j'essaie de gagner ma vie à présent, alors j'espère que vous ne m'en voudrez pas de faire un peu de promotion. Après, je vous promets que je reviendrai à mes posts habituels — j'aimerais tellement vous raconter mon voyage en Algarve en juin dernier, ou mon voyage en Corse en septembre, vous parler de ma nouvelle vie, de mes nouveaux projets...

Donc, je vends un calendrier illustré pour 2017, un vrai calendrier imprimé, plus beau que ceux que je mets ici depuis quelques années. Pour tout savoir, c'est ici.

Merci !




Edit : La campagne de souscription est close, mais vous pouvez désormais trouver ce calendrier sur ma toute nouvelle boutique Etsy.













À la table d'une famille chinoise


http://www.editionsalternatives.com/site.php?type=P&id=1822

Alors voilà, j'ai écrit un livre.

Un jour de juillet 2012, alors que je m'apprêtais à exercer pour de bon le métier de mes rêves, à me plonger dans les assistants virtuels, les dictionnaires, les grammaires, les graphes syntaxiques et sémantiques et à prendre véritablement mon pied au milieu de tout ça, je fus contactée par les éditions Alternatives, qui étaient intéressées par mon travail d'illustration. Un rendez-vous fut fixé rapidement, où je parlai à Charlotte Gallimard de mon envie de recueillir les recettes de ma famille et de les illustrer moi-même. Ce projet de livre fut accepté immédiatement — oui, je mesure ma chance — mais mit plusieurs années à mûrir et à se concrétiser.

Ce n'est qu'en quittant mon poste de linguiste en mars dernier que je pus me mettre sérieusement au travail. Je m'y plongeai entièrement. Pendant des mois, les jours se suivirent et se ressemblèrent. Nuits blanches. Journées solitaires. La respiration quotidienne me fut apportée par la piscine du matin, suivie du café avec les copains, la "bande aquatique". Leur présence me donna du courage, de la force pour mener le projet à terme.


Et puis, le 27 octobre, le livre vit le jour. Enfin.


Aujourd'hui, je suis enfin libérée de cette angoisse de voir les recettes de ma famille se perdre avec la disparition de mes grands-parents d'abord, puis celle de mes parents, inéluctable.

Ce que mes grands-parents ont été, ce que mes parents sont, ce qu'ils nous ont donné de plus cher est dans ce livre. C'est mon trésor.


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Si vous avez des difficultés à le trouver, voici une liste (non exhaustive) des librairies qui l'ont en stock.

dimanche 1 mai 2016

Zeste, Le Tricycle et moi




Il y a quelque temps, j'ai rencontré une journaliste du magazine Zeste. Nous avons pris un thé chez Mûre et je lui ai raconté ma vie dans les grandes largeurs. Elle en a tiré la substantifique moëlle avec ce petit portrait paru dans le tout nouveau numéro de Zeste, où je suis merveilleusement entourée : vous pourrez y découvrir également les portraits de Natsuko Imai, Lucile Prache et Guillaume Long — qu'on ne présente plus. Et pour l'occasion, j'ai fait un dessin du brunch du Tricycle, que j'adore.

Merci Jill Cousin pour ce coup de projecteur !

Sur ce, je retourne à mes dessins, car j'ai un livre à boucler et je suis bien partie pour en baver comme en fin de thèse. Argh.