dimanche 27 juillet 2014

Haut les cœurs (chou-fleur et chakchouka)



Accablée par la chaleur ambiante, je n'ai envie de rien. Je suis ronchon. Je me coupe les cheveux (beaucoup) trop courts, et je ne sais plus comment m'habiller. Je passe des heures allongée sur le canapé à rêver de fraîcheur, de ce vent islandais qui une fois levé ne s'arrête plus.
Au bureau, des petites souris sont venues grignoter mon granola et mes Manner Schnitten, m'obligeant à vider mes tiroirs et à planquer dorénavant mes réserves dans des boîtes en métal. Les moustiques, eux, continuent à se régaler de ma personne, multipliant ainsi les stigmates sur mes cuisses et mollets déjà bien marqués lors de nos récentes vacances en Irlande — j'en parlerai plus tard.
C'est donc le même refrain estival, la même torpeur, la même impatience de voir des jours plus frais arriver.

Ce qui égaie tout de même cet été :
- le café post-piscine du vendredi avec un pote nageur, musicien à ses heures perdues ;
- les longs échanges avec un ami américain qui a rêvé successivement d'être dinosaure puis président  — des États-Unis, oui —, aime le nigori saké et partage avec moi un goût prononcé pour les udon, les ramen et les transcriptions API ;
- les tomates de Joël Thiébault [ʒoɛltjebo], qui font toujours d'excellentes sauces et salades et d'exquis spaghetti à la tomate ; j'ai hâte de retrouver les petits tequila, vous savez*, ces petits poivrons violets  — ici, au premier plan — qui sont irrésistibles grillés...
- l'entrée composée de concombres chez Septime [sɛptim] l'autre soir, à la fois simple et surprenante, et aussi ce sorbet au chocolat au miel d'Italie servi en post-dessert ;
- le chou-fleur cramé [ʃuflœʁkʁame] et la chakchouka [ʃakʃuka], mes deux plats préférés du moment, qui sont bien partis pour être nos plats de l'été. Ceux qui ont déjà mangé chez Miznon reconnaîtront sans difficulté le chou-fleur "cramé", une merveille de simplicité et de délice. Une révélation, même, car ni mon poulet ni moi ne raffolions du chou-fleur jusqu'alors, mais ce jour-là, chez Miznon, nous nous en sommes régalés. Vraiment. Depuis, j'ai voulu reproduire ça chez moi, et après quelques essais et ajustements, je crois y être parvenue. Évidemment, ça ne m'empêchera pas de retourner chez Miznon, pour la pita hyper moelleuse et les sauces/condiments pour faire trempette, la pita au chou farci (à l'agneau), et tout ce que je n'ai pas goûté de leur carte.

Chou-fleur cramé à la Miznon


à partager à 2

1 petit chou-fleur
huile d'olive
sel

On peut à peine appeler ça une recette.
Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 c.s. d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu.

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Quant à la chakchouka, j'en avais très envie depuis longtemps. La photo de Clotilde était restée imprimée dans un coin de ma tête... Puis on m'a prêté le livre Jerusalem de Yotam Ottolenghi il y a quelque temps.
Pour ma version de chakchouka, je suis partie de la recette d'Ottolenghi, mais en m'inspirant aussi de celles de Clotilde et de David Lebovitz. Ça aussi, c'est irrésistible.

Chakchouka
(basée sur la recette de Yotam Ottolenghi dans Jerusalem)



pour 3 personnes

5 belles tomates bien mûres, coupées en gros morceaux (ou 2 boîtes de tomates concassées)
2 poivrons rouges épépinés et coupés en dés
1 oignon émincé
4 gousses d'ail hachées
6 œufs bien frais
2 c.s. d'huile d'olive
2 c.s. de harissa
1 c.s. de concentré de tomate
2 c.c. de cumin
1 c.c. de paprika
2 c.c. de sucre de canne
quelques feuilles de persil et de coriandre ciselées
sel, poivre fraîchement moulu
du pain, pour saucer

Faire chauffer l'huile dans une grande poêle.
Faire revenir l'oignon, les poivrons et l'ail haché pendant 5 minutes à feu vif.
Ajouter les tomates, la harissa, le concentré de tomates, les épices et le sucre.
Mélanger le tout et laisser cuire à feu moyen-vif pendant une vingtaine de minutes, le temps que la sauce épaississe.
Saler, poivrer, mélanger.
Creuser 6 trous dans la sauce (c'est là qu'on voit si la sauce a la bonne consistance ou non : si elle n'est pas assez épaisse, les trous ne tiennent pas) et déposer délicatement un œuf dans chacun des trous.
Laisser cuire à feu moyen jusqu'à ce que les blancs soient pris.
Parsemer de persil et de coriandre.
Servir délicatement à l'aide d'une spatule pour éviter de casser les jaunes.




* Moi, je ne savais pas... C'est Joël Thiébault qui m'a appris le nom de ces poivrons violets la dernière fois que je suis allée au marché de l'Alma...

jeudi 3 juillet 2014

Sonia, les produits laitiers et moi



Une proposition qui est arrivée le lendemain de mon anniversaire, comme un cadeau supplémentaire : illustrer des recettes de Sonia Ezgulian, dont j'admire la créativité.
Non, je n'avais jamais dessiné que pour moi, sur mes carnets, sur ce blog... Je ne savais pas si j'allais y arriver, si le résultat plairait ou non...

Le résultat est , enfin.

C'est un début.

lundi 2 juin 2014

Où l'on grouine et fait des cakes au citron


(Je ne sais pas si ça se voit bien, mais le far breton est emballé dans du papier)

Pour éviter la file d'attente, le mieux est de partir tôt. Descendre, choper le premier bus qui passe — le 43, le 26 ou encore le 32 —, et une fois arrivé à destination, échanger ses sous contre des groins, la seule monnaie acceptée à la Pointe du Gro(u)in.
À partir de là, ça devient plus difficile : il faut choisir. Bara bihan ? Sandwich ficelle ? Œuf de la mort ? Soupe de légumes ou bouillon de homard ? Galette saucisse ? Et en dessert, far breton ? Kouign amann ? Mœlleux au chocolat ? Teurgoule ?
Étant donné que tout fait envie, le choix s'avère cornélien. Il faut bien y retourner régulièrement pour arriver à satisfaire sa curiosité et sa gourmandise, ce qui est notre cas, car La Pointe du Groin fait partie de nos cantines préférées. Ma spécialité à moi est de prendre un dessert sur place et toujours au moins un dessert à emporter, vu que je n'arrive jamais à me décider.




La dernière fois, c'était bouillon de homard (avec des crudités émincées, du parmesan, des herbes et des croûtons), œuf de la mort aux asperges (avec des champignons de Paris, des croûtons bien dorés, des herbes et une bonne dose de crème), et un dessert de saison : une soupe de fraises (avec une cuillerée de crème Bordier). On a mangé sur le piano à queue, les autres avaient aussi des huîtres, un bara hareng, du far breton... C'était comme une petite fête avant le déménagement de F., qui nous quitte pour aller s'installer dans le sud, où elle travaillera à distance — j'ai fait mon Calimero en apprenant la nouvelle : plus de cours de poterie, plus de visites d'expos après le travail, plus de rum balls ou de raisin oatmeal cookies au bureau. Bouhouhouh.

Bon sinon, mon obsession pour le granola se porte bien, merci. Il y en a toujours une réserve dans ma cuisine ainsi que dans mon tiroir au bureau, et si un jour vous rencontrez une fille qui se balade avec un ziplock de granola dans son sac, eh bien c'est moi. Par ailleurs, je ne me prive pas d'en offrir dès que l'occasion se présente : "bonjour, tu veux du granola ?", et hop, je dégaine mon ziplock — ou mon pot de confiture recyclé si c'est au bureau.

Dans les obsessions du moment, il y a aussi celle des gâteaux au citron. J'ai testé tout récemment une recette de lemony lemon brownies qui avaient l'air déments, mais qui en vrai sont bof bof. Par contre, j'ai déjà fait plusieurs fois le cake au citron vu chez Gracianne, et je dois vraiment me retenir pour ne pas en refaire.


Cake au citron
(adaptée de la recette de Christophe Felder, trouvée chez Gracianne)


pour un moule à cake de 25 cm environ (éventuellement un peu moins, mais pas plus)

190 g de farine
1/2 sachet de levure chimique
100 g de mascarpone (ou, à défaut, de crème fraîche épaisse)
70 g de beurre demi-sel fondu
zeste de 2 citrons bio/non traités
jus d'1 citron et demi
190 g de cassonade
4 œufs

Pour le glaçage :
jus d'1/2 citron
100 g de sucre glace (de mémoire)

Préchauffer le four à 180 °C.

Prélever le zeste et le jus des citrons et réserver.
Dans un saladier, battre les œufs et la cassonade jusqu'à avoir un mélange bien blanchi, ajouter le sel et les zestes, mélanger.
Dans un bol, fouetter le mascarpone avec quelques cuillerées du mélange précédent pour l'assouplir, reverser le tout dans le saladier, et bien fouetter.
Incorporer la farine et la levure et mélanger.
Ajouter le beurre fondu et mélanger encore.
Verser dans un moule à cake recouvert de papier cuisson.
Enfourner pour 10 minutes à 180 °C, puis 30 min (40 min pour moi) à 150 °C (à adapter selon les fours).
Démouler et laisser tiédir sur une grille.

Mélanger le sucre glace et le jus d'1/2 citron dans un bol jusqu'à obtenir une pâte épaisse (si ce n'est pas suffisamment épais, ajouter du sucre glace).
Recouvrir le cake de ce glaçage, laisser sécher.

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Désolée pour l'indigence de ces derniers billets, je n'ai vraiment, mais vraiment aucune inspiration depuis quelque temps.

lundi 5 mai 2014

Granola craving


(J'ai pris une orange pressée ce jour-là, mais je vous recommande plutôt
le smoothie pomme fraise violette, qui est absolument délicieux.)

Un lundi matin, chez Claus, alors que je n'avais pas assez faim pour une corbeille de pains à tartiner, mais pas envie non plus de croissant ou d'œuf à la coque, je me suis hasardée à commander un bol de fromage blanc, fruits frais et granola. Un événement en soi, car j'avais toujours considéré le granola avec, au mieux, une certaine indifférence, au pire, du dédain : ce "truc" bobo-bio pour filles au régime, ça ne pouvait sûrement pas rivaliser avec une bonne tartine beurrée. Sauf que là... dès la première cuillerée, ce fut l'E-X-T-A-S-E. J'ai tout fini mon bol, en raclant bien, et j'en voulais encore. Bilan : granola & filles au régime 1 - Mingou 0.
Le soir même, je filais aux Nouveaux Robinson me faire une provision de flocons de céréales et de graines en tous genres, et quelques heures plus tard, mon premier granola, fait à partir de la recette de base de Clotilde, était prêt.
Depuis, il y eut ça (et c'est un échantillon) :








Un bol de yaourt-fruits-granola chaque matin — sauf pendant notre escapade de trois jours en Bretagne, où j'ai pensé très très fort à mes pots de granola restés à la maison, snif. Et surtout, j'en prépare désormais une fournée chaque semaine, afin de ne JAMAIS JAMAIS en manquer.
Alors voilà, je suis celle qui a découvert le granola en 2014.

Le granola comme je l'aime (c'est-à-dire très riche en oléagineux)
(décliné à partir de la recette de base de Clotilde)


pour au moins une semaine de petits déjeuners à deux

270 g de flocons de céréales (de type porridge et non cornflakes) (avoine, kamut, épeautre, blé, seigle, orge... ou un mélange)
30 g de riz et/ou quinoa soufflé
200 g de fruits à coque (un mélange de noisettes, amandes, noix de pécan, noix de cajou, noix de macadamia, pistaches), grossièrement concassés
100 g de graines (un mélange de graines de courge, tournesol, lin, sésame)
3 c.s. d'huile de tournesol (ou autre huile neutre)
160 g de golden syrup (environ 7-8 c.s.), ou sirop d'agave ou sirop d'érable
2 c.s. d'extrait de vanille maison
1/4 c.c de fleur de sel

Mettre tous les ingrédients dans un grand saladier et mélanger vigoureusement quelques minutes jusqu'à ce que tout soit bien enrobé d'huile et de sirop.
Étaler sur une plaque de four recouverte de papier cuisson et enfourner à mi-hauteur.
Allumer le four à 150 °C et faire cuire le granola en le mélangeant toutes les 15 minutes, jusqu'à ce qu'il soit doré comme on le souhaite. Dans mon four, cela prend environ 45 minutes pour qu'il soit bien bien doré.
Mélanger une dernière fois, et laisser refroidir sur la plaque.
Mettre le granola dans des bocaux, et conserver à température ambiante, jusqu'à un mois environ (mais normalement, il ne devrait plus y en avoir au bout d'une semaine).

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Je vous aurais bien parlé d'autre chose, mais en ce moment, je n'ai que du granola dans la tête. Et d'autres choses, pas super intéressantes, à part Cancale, mais ça nécessite un autre billet. Je peux quand même crâner un coup en vous montrant les jolis bols que je me suis offerts récemment et que j'aime d'amour...


Ils ont été fabriqués par Khnoum, ma très talentueuse collègue, chez qui j'avais suivi une initiation à la poterie il y a un peu plus d'un an. Ceux-ci sont beaucoup trop petits pour le granola — on pourrait éventuellement s'en servir comme tasses à saké —, mais je lui passerai peut-être commande de bols plus grands... En attendant, je surveille sa boutique en ligne, à l'affût d'autres pièces japonisantes que j'aimerais voir dans ma cuisine...

mardi 1 avril 2014

Un dimanche tranquille* (pulled pork sandwiches)



La veille, un déjeuner parfait au Breizh Café, qu'on ne présente plus — j'avais oublié à quel point leurs galettes et crêpes étaient exceptionnelles en elles-mêmes. Avec une telle qualité de pâte, nous nous en tenons toujours au plus simple, c'est-à-dire des variantes de la complète, et en dessert, toujours la beurre yuzu — parfois en double exemplaire.
Puis, après un café à une terrasse ensoleillée, un moment de quiétude absolue au cœur du jardin des Archives Nationales. Un banc inoccupé, au milieu des arbres et des buissons, nous appelle à lui : impossible d'y résister. Lui assis, moi allongée sur le reste du banc, la tête posée sur sa cuisse, nous discutons de choses et d'autres, et surtout, nous savourons cette pause qui n'était pas du tout prévue.
Si nous nous décidons finalement à bouger, c'est pour aller déguster un sorbet mela, sans doute le dernier de la saison. Après en avoir avalé des litres durant cet hiver, je crois que je suis prête à me tourner vers d'autres parfums, en attendant son retour en octobre.
N'eût été l'abondance de pollen dans l'air, qui m'irrite et m'épuise, j'aurais pu qualifier ce samedi de parfait.

Et puis, ce dimanche, j'ai enfin essayé cette recette dont je rêvais depuis plus de deux ans — envie alimentée de surcroît par Flabbergasting Christelle et Parigote. Du pulled pork longuement mijoté, des pains maison mœlleux... J'ai invité ma sœur à se joindre à nous pour le déjeuner. Ce fut un régal.

Sandwiches au pulled pork

Le sandwich a l'air un peu chiche comme ça, mais c'est parce qu'il a été compressé avant dégustation.

pour 6 sandwiches

Le pulled pork (adapté de la recette de Jen de Simply Breakfast)

1,1 kg de palette de porc (ici : rouelle de porc, ça marche très bien aussi), coupée en gros morceaux
1 pomme
240 ml de vinaigre de cidre
2 c.s. de sauce soja (claire)
1 c.s. de ketchup (ajout inspiré de cette recette)
60 ml de sirop d'érable
1/2 c.c. de moutarde moulue (facultatif)
1/2 c.c. de paprika
1/2 c.c. de poivre noir
3 gousses d'ail hachées
1 oignon émincé

Éplucher et couper la pomme en fines lamelles.
Dans un faitout, faire dorer les morceaux de viande dans un peu d'huile.
Ajouter le reste des ingrédients, mélanger, couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant 3h environ, en mélangeant de temps en temps.

 
Une fois la viande bien cuite (les morceaux se défont quand on les retourne), la sortir du faitout et l'effilocher à la fourchette après avoir retiré le gras.
Dégraisser un peu la sauce.
Remettre la viande effilochée dans la sauce et bien mélanger.
Voilà, le pulled pork est prêt !



Les pains (recette de hot dog buns du Pétrin, trouvée chez Gracianne), en MAP

125 ml de lait
120 ml d'eau
1 œuf
1 c.c. de sel fin
1 c.s. de sucre 
425 g de farine T65
2 c.c. de levure sèche instantanée (type Briochin)
15 g de beurre mou
1 blanc d'œuf additionné d'1 c.s. d'eau
graines de sésame

(Pendant que le pulled pork est en train de cuire...)
Dans la cuve de la machine à pain, mettre l'eau, le lait, le sel, le sucre et l'œuf entier battu.
Ajouter ensuite la farine et la levure, et lancer le pétrissage.
Quand la pâte forme une boule et commence à se détacher des parois, incorporer le beurre mou.
Pétrir ensuite une dizaine de minutes, puis laisser la pâte lever dans la machine environ 1h.
(Avertissement de Gracianne : Attention, certaines machines à pain chauffent pendant la levée. La mienne chauffe un peu trop pour les pâtes qui contiennent du beurre, elle a tendance à les cuire un peu, donc je l’éteins.)
Verser doucement la pâte sur un plan de travail fariné, la diviser en 6 morceaux de même poids (à peu près), couvrir d'un linge et laisser détendre 5 min.
Façonner 6 pains ronds et les déposer sur une plaque de cuisson recouverte de papier cuisson en laissant suffisamment d'espace autour d'eux car ils vont gonfler pendant l'apprêt et pendant la cuisson.
Couvrir d'un torchon humide et laisser reposer 45 min à 1h selon la température ambiante.
Préchauffer le four à 180 °C.
Badigeonner les pains avec un peu de blanc d'œuf allongé d'eau, en évitant les coulures qui collent le pain sur le papier après cuisson.
Saupoudrer de graines de sésame.
Enfourner environ 15-20 minutes, jusqu'à ce que les pains prennent une coloration blond doré.
Laisser refroidir sur une grille.

Pour accompagner le pulled pork, à défaut d'un vrai coleslaw, j'ai râpé quelques carottes jaunes et blanches ainsi qu'une petite betterave, et je les ai mélangées à de la mayonnaise et du vinaigre de vin blanc (idée trouvée ici, merci Flabbergasting C !).

Je ne vous explique pas comment composer les sandwiches, la photo ci-dessous parle d'elle-même.


Et comme il s'agit des meilleurs sandwiches que j'aie faits de ma vie, il va sans dire qu'ils vont revenir souvent à notre table.

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dimanche 9 mars 2014

La routine du samedi et le farz aux pruneaux



Au retour de mon escapade finlandaise, j'ai retrouvé mon poulet, mes habitudes, mes routines.
Dès le lendemain, nous sommes allés récupérer notre commande de fruits, légumes et yaourts à la Ruche, puis nous avons filé droit chez Sanukiya, qui est sans doute notre cantine préférée parmi toutes. Les bukkaké tenpura udon, comme tous les autres plats d'ailleurs, sont d'une constance remarquable — ce qui me fait penser aux réflexions de Camille Oger dans son article sur la photo au restaurant. Ses remarques se vérifient sans problème chez Sanukiya, on se régale donc à chaque fois.
Dans cette routine du samedi, il y a la balade à pied jusqu'à Odéon, en passant par le Louvre et les quais de Seine, avec une pause obligée chez Grom pour un sorbet pomme verte, et de plus en plus souvent un rapide passage au Coutume Instituutti — comprendre : l'Institut Finlandais — pour ses excellents cafés. J'en profite parfois pour me renseigner sur les cours de finnois, avec toujours ce fol espoir de m'y inscrire un jour, qui sait ?
Le parcours se poursuit souvent au jardin du Luxembourg, où j'aime retrouver le coin des ginkgo, du rucher et du verger, surtout à l'automne, quand les arbres se parent de couleurs flamboyantes et que le plaqueminier est plein de kakis que les oiseaux viennent boulotter.

Des routines du samedi, il y en a d'autres, avec toujours les flâneries et longues marches digestives à travers la ville, et parfois une séance de cinéma. Le week-end dernier, c'était The Grand Budapest Hotel dans la grande salle du Louxor, une *MERVEILLEUSE* surprise pour les fans très modérés que nous sommes du cinéma de Wes Anderson — The Royal Tenenbaums m'a paru prodigieusement pesant et ennuyeux et de façon générale, l'esthétisme qui parcourt ses films est un peu creux, mais là, rien de tout ça. Pour une fois — bon, c'est vrai pour Fantastic Mr. Fox aussi —, l'intrigue n'est pas secondaire et on se laisse emporter avec plaisir dans les aventures de monsieur Gustave et de son lobby boy Zero Moustafa. Les décors de cette Europe centrale, qui me rappellent tant l'Autriche, les montagnes enneigées, la pâtisserie Mendl, le tramway, la façade rose bonbon de l'hôtel, l'aspect cartoon de certaines scènes — notamment la course poursuite en ski qui devient un condensé de jeux olympiques —, tout cela nous a drôlement plu, sans oublier la grâce d'un Ralph Fiennes dans ce qui est sans doute son meilleur rôle. En fait, j'ai très envie d'aller le revoir, très vite.


Cette fin de semaine aura été marquée par un débat assez amusant au bureau. À l'origine de ce débat : une livraison de snacks gracieusement offerts par notre employeur, en plus du panier de fruits hebdomadaire et des biscuits habituels. Dans les cartons : barres chocolatées au nom de félin, chips, biscuits apéritifs, et sodas à gogo. Un des geeks, choqué de voir tant de cochonneries industrielles, se fend d'un courriel pour protester contre la nature des snacks offerts. S'ensuit une chaîne de réactions, de vives discussions entre les amateurs de junk food et les autres — snobs et/ou juste soucieux d'une alimentation plus saine. On nous demande alors d'établir une liste de souhaits. Certains voudraient du thé Kusmi mais n'osent pas le demander, d'autres proposent des fruits séchés/secs et des crackers aux graines de courge et au fromage, une telle demande des chewing-gums, tandis qu'une autre précise que les jus de fruits devraient être "sans sucre ajouté, right ?", et puis il y a ceux qui veulent garder les chips, les sodas et les barres chocolatées.
Certains proposent que je m'occupe d'apporter des biscuits et gâteaux maison. C'est vrai ça, rien ne vaut les gâteaux maison, avec de vrais ingrédients et aussi de l'amûr dedans. En plus, pour ce farz, j'ai eu la chance d'avoir des pruneaux maison faits par Gracianne. C'était bien bon.

Le farz aux pruneaux selon Gracianne
(recette adaptée de celle de Patrick_CdM, merci à tous les deux !)


pour un plat en terre de 20 cm de diamètre environ

7 c.s. de farine (T45, ou 55 ça va aussi)
5 c.s. de sucre (cassonade) (initialement : 4)
3 œufs
1/4 l de lait entier
75 g de beurre demi-sel
1 c.c. d'extrait de vanille maison
1 bol de pruneaux dénoyautés

Dans un saladier, mélanger ensemble la farine et les œufs, pendant longtemps, très longtemps, à la cuillère en bois. Il faut tenir la cuillère creux vers le bas, de façon à faire rentrer le plus d’air possible dans la pâte et mélanger énergiquement jusqu’à obtenir une pâte lisse, sans grumeaux et bien jaune. Je pense qu'un bon quart d'heure fait l'affaire — même si Patrick le fait pendant une demi-heure —  et qu'on peut aussi se faire aider d'un appareil électrique.
Ensuite, ajouter le sucre et l’extrait de vanille et mélanger.
Ajouter le lait petit à petit et délayer, comme pour une pâte à crêpes. Laisser reposer pendant une demi-heure.
Préchauffer le four à 200 ºC.
Mettre le beurre dans un plat en terre et le faire fondre dans le four jusqu’à ce qu’il soit bien chaud.
Sortir le plat et l’incliner dans tous les sens pour bien répartir le beurre.
Y verser la pâte. Disposer les pruneaux dénoyautés et enfourner.
Au bout d’environ un quart d’heure, quand les côtés du farz commencent à gonfler, réduire la température à 180 ºC. Laisser encore cuire environ 30 minutes, jusqu’à ce qu’il soit bien doré.

mercredi 19 février 2014

Minä muistan...




Raconter comment j'ai atterri seule à Helsinki au beau milieu de l'hiver serait un peu long. Mais voilà, j'avais très envie de revenir sur mes pas, de remonter le temps jusqu'à cet été lointain de 2001 où j'avais posé mes valises là-bas pour un mois. Il me semble que je vous ai déjà raconté des bribes de ce séjour : les cours de finnois le matin, les balades l'après-midi, les trajets en tram, les nuits claires et le sommeil troublé, l'escapade à Tallinn, le karaoké finlandais sur le ferry, la nuit passée aux urgences avec ma colocataire d'alors, la lecture des Mémoires d'Hadrien. C'était bien.

J'ai voulu de nouveau remuer les souvenirs, vérifier que je n'avais pas rêvé tout cela.





















 




Les retrouvailles furent étranges. J'ai arpenté, carnet et appareil photo en main, cette ville à la fois familière et étrangère. Familière par tous ces lieux que j'avais aimés : le Lasipalatsi (Palais de verre), l'Akateeminen kirjakauppa (Librairie Académique), le musée Kiasma, le quartier de Kaivopuisto... Et étrangère par toute cette neige, ce verglas, ces nuances monochromes contrastant avec la lumière et les couleurs éclatantes de l'été.

Justement, en arrivant à Kaivopuisto, mon cœur s'est soulevé de joie face à la blancheur du paysage. La balade en bord de mer fut une source d'émerveillement et de ravissement sans fin. J'ai marché, marché, en contemplant cette immensité blanche autour de moi : terre et mer enfouies sous une même couche de neige, sans que l'on puisse distinguer la fin de l'une ou le début de l'autre. J'ai traversé un petit pont verglacé  — vraiment, quelle idée fantastique d'être venue avec mes bottines à talons — et me suis retrouvée sur un îlot désert dont j'ai fait le tour à tout petits pas, ce qui m'a évité de finir les quatre fers en l'air.

Je n'oublierai pas non plus mes visites à la piscine d'Yrjönkatu. Je m'étais renseignée au préalable et savais que l'on pouvait y nager nu — cela était d'ailleurs obligatoire jusqu'en septembre 2001. Je le savais, et ce fut malgré tout un choc. Le bassin et ses coursives, avec tous ces corps dénudés, me firent une impression de sensualité et de volupté que je n'avais eue dans aucune autre piscine. Certaines se déshabillaient tranquillement devant leur casier, exposant leur nudité aux yeux de toutes, tandis que d'autres sortaient des douches, en maillot de bain ou sans rien. À l'étage, des femmes en peignoir étaient attablées et sirotaient une boisson en discutant entre copines. Cela ne ressemblait à rien de ce que je connaissais, mais ma présence dans ces lieux m'est apparue comme une évidence. Je m'y suis sentie bien tout de suite. Si bien que la fois suivante, j'ai moi aussi retiré mon maillot afin de goûter au plaisir de nager nue — et vous savez à quel point j'aime nager. Quel pied !

Et puis, treize ans après, je continue à faire les mêmes photos...










 





C'est sûr, je reviendrai.

mercredi 8 janvier 2014

Calendrier 2014


























Chers amis, portez-vous bien en 2014. Et prenez le temps d'aimer ceux que vous aimez.