dimanche 26 juillet 2015

To unravel a torment you must begin somewhere (donburi d'aubergine fondante)




Bon, je voulais revenir écrire quelque chose ici au mois de mai, j'essayais de m'y mettre tant bien que mal, quand je ne dessinais pas mes repas et que je ne tombais pas de sommeil, mais le temps a passé, je n'ai pas mis à jour mon calendrier gourmand, j'ai tout laissé traîner et pof, nous voilà déjà fin juillet. Comment se fait-ce ?

Ça m'a pourtant tellement manqué.

Le travail m'a bien occupée — et épuisée — dernièrement. J'ai continué mon carnet, qui a donné lieu à ce papier dans le nouveau numéro de Fricote, et puis je suis partie prendre l'air en Islande, dans les Fjords de l'Ouest — j'en parlerai plus tard, promis.

À mon retour, j'ai retrouvé l'été tel que je le redoute chaque année. Chaud, lourd, pesant. Je devrais peut-être songer à prendre la poudre d'escampette en juillet-août comme tout le monde au lieu de me morfondre à Paris en regardant défiler les clichés d'apéros en bord de mer, de barbecues hautement salivants ou de randonnées dans des paysages idylliques sur Instagram — pour ma part, j'instagramme aussi à tout-va depuis quelques semaines, pffff, n'importe quoi... Le reste du temps, je pleure devant des films d'animation qui évoquent la nostalgie de l'enfance, je lis des livres qui me donnent envie de tout plaquer et d'aller faire des gâteaux dans un café au fin fond de l'Islande ou de la Suède comme Fanny, ou de parcourir le monde avec un sac à dos ; je chasse la morosité et les angoisses du moment en alignant les longueurs en brasse coulée à ma piscine préférée.
Pourquoi l'été me plombe-t-il tant ? Pourquoi ai-je tant envie de froid, de neige et de brume quand les autres sont tout heureux de pouvoir se dévêtir ENFIN ? De quelle anomalie génétique suis-je faite ? De quelle matière étrange ma chair est-elle faite ?

Au milieu de cette morosité estivale, je peux quand même compter sur Joël Thiébault pour continuer à nous régaler de ses merveilleux légumes. L'autre jour, je suis rentrée du marché avec deux cabas remplis de cœur de bœuf, ananas, green zebra, andine cornue, noire de Crimée, poivrons tequila, aubergines, courgettes jaunes, concombres, haricots verts, basilic... avec en tête mes recettes fétiches : ratatouille, salade de haricots verts à la coriandre, spaghetti à la tomate et au basilic, la super sauce tomate de Pim, les  aubergines à la Parmigiana de Gracianne, et puis ce donburi d'aubergine fondante que je fais inlassablement depuis 2009... Comme ça fait longtemps, je vous la remets.


Donburi d'aubergine fondante
(recette originale trouvée ici, et déjà faite )


pour 2 personnes

2 petites aubergines (ou une grosse aubergine)
2 œufs ultra frais (fermiers et/ou bio)
2 bols de riz (rond) cuit
2 lamelles de gingembre frais
2 c.s. de sauce soja (Kikkoman, par exemple)
4 c.s. de mirin
2 c.s. de fécule
huile neutre
graines de sésame blond

Préparer les œufs pochés :
[Méthode rapide pour les nuls] Casser chaque œuf dans un petit bol, couvrir d'eau et cuire au micro-ondes pendant 1 minute environ : d'abord 30 secondes, puis de nouveau 30 secondes. Il faut que le blanc soit juste pris. Si le blanc n'est pas pris, prolonger la cuisson de 10 secondes (normalement, on ne doit pas dépasser 1 min 10 au total). Réserver.

Peler les aubergines un trait sur deux pour faire des rayures.
Les couper en rondelles de 1 cm de largeur.
Mettre les rondelles dans un sac plastique, ajouter la fécule, fermer le sac et bien secouer afin que les rondelles soient entièrement enrobées de fécule.
Dans une poêle, faire chauffer de l'huile et bien cuire les rondelles d'aubergine des deux côtés.
Quand les rondelles sont dorées, les mettre sur du papier absorbant, et jeter l'huile en trop.

Dans la même poêle, faire chauffer le gingembre, ajouter la sauce soja et le mirin et faire réduire à feu moyen (attention à ne pas laisser brûler la sauce) (dans la recette originale, il faut remettre les rondelles d'aubergine dans la poêle pour les enrober de sauce, mais je trouve le résultat moins joli et moins bon).




Il reste aussi le plaisir des habitudes, des lieux devenus familiers (Mûre, La Pointe du Grouin, Abri, Coutume Instituutti, Septime, Nina, Hexagone Café, La Gambette à Pain...) où l'accueil, les sourires et les mots échangés rendent les visites encore plus réjouissantes et donnent sans cesse envie de revenir.

mardi 7 avril 2015

Table Ronde




Hmm... comment dire ? Je crois que j'ai été un peu ambitieuse en prenant mes bonnes résolutions en début d'année. Dessiner ses repas quotidiennement est une tâche qui requiert une constance et une discipline sans faille ; au moindre relâchement, on se retrouve rapidement submergé. En échange, chaque page qui prend forme est une récompense, et voir le carnet se remplir est une source de joie immense. J'ai enfin trouvé quel était le but ultime de mon passage sur terre : remplir des carnets entiers de dessins de bouffe.
Justement, il se trouve qu'une fille qui a travaillé dans mon restaurant doudou (Septime !) a aimé cette page de carnet et m'a demandé de lui faire une affiche pour son passage à Table Ronde ce mois-ci. Comme on ne peut rien lui refuser — demandez par exemple au Café Constant comment ils gèrent une cliente qui réclame des profiteroles à onze heures du soir quand il ne reste plus un seul petit chou —, j'ai séché la piscine, le club de lecture et mon lit, et j'ai commis ma toute première affiche.
Vous me connaissez, c'est du fait main, mais j'espère que ça vous donnera envie d'aller goûter la cuisine de Céline Pham — en fait, les dîners sont déjà (!) complets, mais si vous pouvez y aller pour déjeuner, n'hésitez pas ! Le bouillon phở bò à lui seul vaut le déplacement.

dimanche 22 février 2015

And of course she enjoyed life immensely




Kung Hei Fat Choi (恭喜發財) ! Je suis un peu en retard, certes. Mais je suis en retard pour tout en ce moment. Et pour cause, je m'applique à tenir mes bonnes résolutions pour l'année, qui peuvent se résumer en deux mots : DESSINER PLUS. La preuve en images.
Après l'échec de mon agenda 2012, qui n'avait été rempli que sur deux mois à peine — shame on me —, je retente cette année l'expérience de dessiner mes repas tous les jours. Et c'est du boulot, vous pouvez me croire ; je n'ai plus le temps pour rien d'autre. En plus, je dois rattraper le retard de janvier, car il m'a fallu plusieurs semaines pour mettre en route la machine, et entretemps j'ai perdu mes crayons de couleur — crayons chéris qu'on m'avait offerts —, un vrai drame. Le temps de réaliser qu'ils ne réapparaîtraient pas comme par enchantement, plusieurs jours ont passé, j'ai dû me résoudre à en racheter la mort dans l'âme — car si les crayons peuvent toujours se remplacer, les cadeaux sont perdus à jamais. Snif.


Bon sinon, je voulais vous parler depuis des lustres d'un truc trop bon, mais voilà, j'ai tellement tardé qu'il n'existe plus. Il s'agissait du muesli de chez Lockwood : du fromage blanc recouvert de plein de fruits colorés et appétissants — bien que pas de saison, contrairement à ce qui était écrit sur le menu —, saupoudré de muesli et arrosé d'un filet de sirop d'érable. Ça ressemblait à ça :


J'ai découvert ce muesli un matin de décembre, en compagnie d'une jeune Texane assistante d'anglais en Normandie — au départ, je voulais l'emmener chez Mûre, mais comme ça n'ouvrait qu'à 11h et qu'il était encore tôt, je me suis rabattue sur Lockwood —, et ce muesli était tellement renversant, tellement parfait que j'y ai pensé tout le temps pendant les semaines qui ont suivi. Mais je n'ai pu le savourer que trois fois avant qu'il ne fût remplacé courant février par un granola — très bon, certes, mais un peu moins que le muesli. Mes demandes répétées de rollback à l'ancienne version se sont soldées par un échec.
Après le deuil de mes crayons de couleur donc, celui du meilleur muesli de l'univers. Le sort s'acharne sur moi.
 

En voyant ces pages, on peut avoir l'impression que je petit-déjeune sans arrêt dehors, ce qui n'est pas vrai du tout sauf quand la piscine est fermée pour vidange, et dans ce cas, j'en profite pour faire la tournée de mes cafés préférés — et en découvrir de nouveaux (Holybelly, Smörgås). Et je crois que mon plus gros coup de cœur du moment, c'est le carrot cake et le jus de pomme verte de chez Coutume (Babylone et Instituutti) : le carrot cake a une texture parfaite, le glaçage au cream cheese est joliment posé et j'adore les petites paillettes de zeste de citron vert, c'est à la fois beau et délicieux ; quant au jus de pomme verte, je ne m'en remets toujours pas : on dirait du coulis de pomme verte, un truc dément que je pourrais avaler par litres entiers et qui va me sauver du sevrage du sorbet pomme verte de Grom entre avril et octobre.


À part ça, non contente d'admirer les illustrations de ce livre, j'ai testé la recette de brownies qui y figure, et j'ai eu tout un tas de compliments avec son lot de points d'exclamation. Si vous aimez les livres de recettes illustrés et que vous avez, accessoirement, un enfant, achetez-le, sérieusement.

http://www.librest.com/evenements/2-le-genre-urbain/du-monde-dans-ta-cuisine,2158-5.html?periode=mois&date_debut=2014-11-01&date_fin=2014-12-01&mois_debut=2014-11-01&mois_fin=2014-12-01&majLibPref=4

mardi 6 janvier 2015

Let it shine under the morning star




En ce début d'année, alors que je n'ai jamais été très versée dans les bonnes résolutions, je me surprends à formuler tout un tas de souhaits, à fourmiller d'envies et de projets pour 2015.
Si vous me le permettez, je vous souhaiterai la même chose : une année pleine d'envies et de projets...
Une année palpitante.

(Je reviens bientôt avec mon calendrier 2015, promis !)

dimanche 14 décembre 2014

Festins d'automne (et une salade toute simple)



Bon, c'est sûr que j'aimerais venir écrire ici plus souvent, poster plus de dessins, partager plus de choses, mais vous savez ce que c'est : le travail, la routine, la fatigue, plus les anniversaires qui s'enchaînent en cette période de l'année et qui ne laissent que peu de répit. Et puis j'avouerais que les vraies découvertes ne sont pas si fréquentes et que nous nous contentons la plupart du temps de nos adresses chouchous. Tout récemment, je me suis pété le bide avec le riz au lait de la Régalade, qui, comme vous le savez peut-être, est servi hyper généreusement. J'ai vidé le bol jusqu'au dernier grain de riz — certes, j'ai été un peu aidée, mais ce fut tout de même mon œuvre, ma performance. La longue longue balade qui a suivi dans l'après-midi n'a pas suffi à m'ouvrir un peu l'appétit pour le magnifique buffet concocté par Martine Camillieri aux Étonnants Festins le soir même — j'y suis allée notamment pour me faire dédicacer Jamais sans mon kmion, que j'adore et qui me donne (presque) envie de passer mon permis et de m'acheter mon propre kmion. Bref. Ce soir-là, j'ai tout de même goûté ma toute première hostie, moi qui n'en avais même jamais vu de près — ma curiosité l'a emporté sur mon estomac trop plein. Et donc, sous forme de canapés avec des rillettes aux deux saumons, c'est surprenant et très bon !

Bon, sinon, Septime est toujours aussi bien, que dis-je... c'est de mieux en mieux. Nos deux derniers repas cet automne étaient particulièrement réussis : je repense avec émotion au poulpe - poireau - lard de Colonnata, aux saint-jacques à la plancha - betterave - chou rouge, à l'agneau de pré salé - héliantis - purée d'anchois et de fanes de radis, ou encore à l'association glace au café - lemon curd que je n'aurais jamais imaginée fonctionner aussi bien. J'aime y retourner régulièrement et voir la cuisine évoluer au fil des saisons, et puis le personnel est toujours aux petits soins, on voudrait que ce soit partout comme ça. Évidemment, nous avons déjà réservé notre table pour la prochaine fois — c'est devenu une habitude, nous ne quittons jamais le restaurant sans avoir une table pour la fois suivante, ce qui nous épargne la corvée de la réservation en ligne ou au téléphone.

Une découverte que je peux partager, même si tout le monde a déjà parlé de cette nouvelle cantine : il s'agit de Mûre et en particulier de son brunch trop bon (formule à 23 € avec buffet à volonté), qui nous a bien — voire trop — calés jusqu'au soir. Moi qui ai commencé par partager la soupe d'amande et chou-fleur, j'ai fini par en redemander un bol. Même chose pour le crumble pomme-poire-sarrasin : à peine la première bouchée avalée, je me suis levée pour aller chercher une assiette supplémentaire. Le goût du sarrasin va merveilleusement bien avec le crumble, c'est irrésistible. Il faut absolument que j'essaie ça chez moi — je vous tiendrai au courant. Un peu plus et j'oubliais de vous parler du jus poire-betterave-citron, doux et onctueux, dont on se resservirait volontiers, et des salades subtilement équilibrées. Tout est délicieux, et je n'ai qu'une envie : y retourner très vite.

J'ai bien cuisiné des soupes dernièrement : un velouté de potimarron et aussi un minestrone super réconfortant, mais ce que je préfère pour le dîner en ce moment, c'est une simple assiette de salade avec de la grenade et ma sempiternelle vinaigrette au ponzu — que je ne me fatigue même pas de faire à part. Drôle d'envie pour un mois de décembre, mais il faut croire que je ne suis pas la seule.


Mesclun, grenade et ponzu (ma salade préférée du moment)


C'est tout simple, il vous faut :

du mesclun (le mélange que vous voulez)
des graines de grenade
un trait de ponzu
un trait de Melfor (ou de vinaigre de vin blanc)
un trait d'huile neutre (tournesol, mélange de quatre graines, etc)
du poivre noir fraîchement moulu
(pas de sel, étant donné que le ponzu est à base de sauce soja)

Après avoir disposé la salade et les graines de grenade dans l'assiette,
- soit vous faites une vinaigrette en mélangeant ponzu, Melfor et huile dans un bol, puis vous versez le tout dans l'assiette,
- soit vous versez les trois directement dans l'assiette, puis vous mélangez le tout (ce n'est pas conforme, je sais, mais bon, la paresse...).

Sur ce, je vous laisse : mon chantier de Weihnachtskekse m'attend !

mercredi 12 novembre 2014

October Lighght*




Voilà, j'ai été occupée. Débordée. Octobre fut un immense tourbillon, qui ne m'a pas laissé une minute de répit. Un ami américain est venu en visite à Paris, à qui il a fallu faire découvrir tout plein de choses. Pêle-mêle : les vrais croissants et éclairs au chocolat, les galettes et crêpes bretonnes au Breizh Café, les pizzas corses de Papacionu — une adresse conviviale que je continue à partager inlassablement avec collègues et amis —, la carte savoureuse de La Pointe du Gro(u)in, les frites belges au blanc de bœuf chez De Clercq, le vrai couscous de Chez Hamadi — merci encore à Sophie Brissaud pour le conseil, j'avais noté l'adresse depuis longtemps, c'était effectivement sublime, et je suis bien contente que cet ami ait pu constater par lui-même que le couscous est tout sauf "bland". Nous avons aussi passé une matinée à contempler les dessins du Studio Ghibli au musée Art Ludique, et puis un après-midi à déambuler dans les petites rues calmes de Montmartre, suivi d'une soirée au Point Éphémère pour écouter en vrai la musique de Kishi Bashi — un garçon adorable, soit dit en passant.
Au milieu de tout cela, il y eut un anniversaire parfait : une avalanche de cadeaux, parmi lesquels une authentique Dictée Magique, mon jouet préféré d'il y a trente ans — on sait maintenant d'où vient mon côté maître Capello qui agace pas mal de monde, mais bon, on ne se refait pas —, un repas aux petits oignons chez Septime, un film haletant au cinéma, et puis plein de messages et de vœux d'anniversaire qui ont ponctué cette journée très spéciale.
Dans ce tourbillon, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de cuisiner. Rien n'est sorti de mes fourneaux, sinon mon sempiternel granola et mes quelques gâteaux chouchous. La cuisine paternelle nous a bien nourris le reste du temps : mapo doufu, omelette à la ciboulette chinoise, shizitou (boulettes têtes de lion), poisson vapeur à la cantonaise, etc. Dans ces moments-là, je me félicite de m'être installée tout près de chez mes parents.
Je n'ai à offrir aujourd'hui qu'un petit dessin de Papacionu, griffonné vite fait, car il y eut un paquet d'autres dessins à faire aussi le mois dernier.
Ce n'est que maintenant que je prends le temps de souffler un peu. Ouf.

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* "Lighght" est une référence à cet album de Kishi Bashi.

vendredi 3 octobre 2014

In the twilight they danced and played... (le goût de l'été et un banana bread)




Cette année, août a eu le goût des légumes de Joël Thiébault et des framboises du parc cueillies par mon père, le goût de la chakchouka, de la salade de tomates au pain grillé, de la salade de concombre à la vinaigrette de ponzu, et aussi de la ratatouille cuisinée tard dans la nuit sur fond de Q&A de Kishi Bashi et Tetrishead de Zoe Keating (tournant en boucle avec quelques autres morceaux).
Août a eu le goût des jus verts de Pret A Manger, des pizzas corses de Papacionu, une excellente adresse que d'anciens collègues m'ont fait découvrir fin juillet et que j'ai fait découvrir à mon tour à mes collègues, poulet et famille durant les semaines qui ont suivi. J'ai un faible pour la minimaliste mais néanmoins gigantesque Mozzarella (mozzarella, tomate), qui est la plus simple de la carte — les plus simples étant mes préférées.
Et puis, août a aussi eu le goût du chlore, une substance devenue absolument vitale pour moi. Les cafés-petits dej d'après piscine se sont multipliés, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Puis septembre est arrivé, avec le goût des Martini les vendredis soirs entre collègues, et des douceurs offertes lors du goûter géant des 5 ans de la Pâtisserie des Rêves sur les pelouses de Breteuil (merci M. Conticini !). Je débarquais totalement, car j'étais passée à côté des précédentes éditions, et c'est ma sœur qui a pris l'initiative de nous inscrire cette année. Robe rose et cardigan blanc sur le dos, j'ai découvert le stick kouign amann, une bonne surprise — pas gras du tout, mais pas secos non plus —, le riz au lait bien vanillé, les barres de voyage chocolatées, mais j'avoue que j'ai fait l'impasse sur les bonbons.
Septembre a eu aussi le goût de l'entrecôte-frites et de la profiterole géante du 14 juillet, partagés en famille lors d'un repas d'anniversaire. Un moment joyeux et hyper gourmand.

J'ai peu pâtissé cet été, mais j'ai apporté au bureau un banana bread que j'avais déjà fait une ou deux fois, et qui a eu son petit succès — même auprès de moi qui ne raffole pas du tout des gâteaux à la banane, c'est vous dire.


Le banana bread de David Lebovitz
(recette originale ici)


pour un moule à cake d'environ 22 cm de longueur

210 g de farine
1 c.c. de levure chimique
1/2 c.c. de bicarbonate de soude
1/2 c.c. de sel
1/4 c.c. de cannelle moulue (initialement : 1 c.c.)
150 g de cassonade
50 g de beurre fondu
œufs
250 g (= 2-3 grosses ou 4-5 petites) bananes très mûres, réduites en purée
125 ml de crème liquide
1/2 c.c. d'extrait de vanille
60 g de pépites de chocolat

Préchauffer le four à 180 °C.
Dans un grand bol, mélanger la farine, la levure, le bicarbonate, le sel, la cannelle et la cassonade.
Dans un autre bol, mélanger le beurre fondu, les œufs, les bananes, la crème et l'extrait de vanille.
Creuser un trou dans les ingrédients secs et y verser les ingrédients liquides.
Mélanger grossièrement, ajouter les pépites de chocolat, mélanger à nouveau (arrêter dès que la farine est entièrement incorporée).
Verser la préparation dans un moule à cake tapissé de papier cuisson.
Enfourner pendant 50 minutes environ (ajuster le temps de cuisson selon son four). Le cake doit être tout juste cuit.
Laisser refroidir avant de démouler et couper en tranches.

(Je vous ai mis la recette comme ça, mais j'ai peut-être remplacé le blanc d'œuf par un petit œuf entier et rallongé un peu le temps de cuisson, j'avoue que j'ai oublié. Mettons cela sur le compte du relâchement estival... Je referai le cake et modifierai la recette si nécessaire.)

dimanche 27 juillet 2014

Haut les cœurs (chou-fleur et chakchouka)



Accablée par la chaleur ambiante, je n'ai envie de rien. Je suis ronchon. Je me coupe les cheveux (beaucoup) trop courts, et je ne sais plus comment m'habiller. Je passe des heures allongée sur le canapé à rêver de fraîcheur, de ce vent islandais qui une fois levé ne s'arrête plus.
Au bureau, des petites souris sont venues grignoter mon granola et mes Manner Schnitten, m'obligeant à vider mes tiroirs et à planquer dorénavant mes réserves dans des boîtes en métal. Les moustiques, eux, continuent à se régaler de ma personne, multipliant ainsi les stigmates sur mes cuisses et mollets déjà bien marqués lors de nos récentes vacances en Irlande — j'en parlerai plus tard.
C'est donc le même refrain estival, la même torpeur, la même impatience de voir des jours plus frais arriver.

Ce qui égaie tout de même cet été :
- le café post-piscine du vendredi avec un pote nageur, musicien à ses heures perdues ;
- les longs échanges avec un ami américain qui a rêvé successivement d'être dinosaure puis président  — des États-Unis, oui —, aime le nigori saké et partage avec moi un goût prononcé pour les udon, les ramen et les transcriptions API ;
- les tomates de Joël Thiébault [ʒoɛltjebo], qui font toujours d'excellentes sauces et salades et d'exquis spaghetti à la tomate ; j'ai hâte de retrouver les petits tequila, vous savez*, ces petits poivrons violets  — ici, au premier plan — qui sont irrésistibles grillés...
- l'entrée composée de concombres chez Septime [sɛptim] l'autre soir, à la fois simple et surprenante, et aussi ce sorbet au chocolat au miel d'Italie servi en post-dessert ;
- le chou-fleur cramé [ʃuflœʁkʁame] et la chakchouka [ʃakʃuka], mes deux plats préférés du moment, qui sont bien partis pour être nos plats de l'été. Ceux qui ont déjà mangé chez Miznon reconnaîtront sans difficulté le chou-fleur "cramé", une merveille de simplicité et de délice. Une révélation, même, car ni mon poulet ni moi ne raffolions du chou-fleur jusqu'alors, mais ce jour-là, chez Miznon, nous nous en sommes régalés. Vraiment. Depuis, j'ai voulu reproduire ça chez moi, et après quelques essais et ajustements, je crois y être parvenue. Évidemment, ça ne m'empêchera pas de retourner chez Miznon, pour la pita hyper moelleuse et les sauces/condiments pour faire trempette, la pita au chou farci (à l'agneau), et tout ce que je n'ai pas goûté de leur carte.

Chou-fleur cramé à la Miznon


à partager à 2

1 petit chou-fleur
huile d'olive
sel

On peut à peine appeler ça une recette.
Je plonge le chou-fleur dans une grande casserole remplie d'eau, je chauffe et fais cuire 15 minutes à partir de l'ébullition. J'égoutte le chou-fleur, puis je le mets dans un petit plat allant au four. J'arrose de 2 c.s. d'huile d'olive, je sale et j'enfourne environ 45 min à 230 °C (mode grill), le temps que le chou-fleur noircisse un peu.

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Quant à la chakchouka, j'en avais très envie depuis longtemps. La photo de Clotilde était restée imprimée dans un coin de ma tête... Puis on m'a prêté le livre Jerusalem de Yotam Ottolenghi il y a quelque temps.
Pour ma version de chakchouka, je suis partie de la recette d'Ottolenghi, mais en m'inspirant aussi de celles de Clotilde et de David Lebovitz. Ça aussi, c'est irrésistible.

Chakchouka
(basée sur la recette de Yotam Ottolenghi dans Jerusalem)



pour 3 personnes environ

5 belles tomates bien mûres, coupées en gros morceaux (ou 2 boîtes de tomates concassées)
2 poivrons rouges épépinés et coupés en dés
1 oignon émincé
4 gousses d'ail hachées
2 œufs bien frais par personne
2 c.s. d'huile d'olive
1 c.s. de harissa
1 c.s. de concentré de tomate
2 c.c. de cumin
1 c.c. de paprika
2 c.c. de sucre de canne
quelques feuilles de persil et de coriandre ciselées
sel, poivre fraîchement moulu
du pain, pour saucer

Faire chauffer l'huile dans une grande poêle.
Faire revenir l'oignon, les poivrons et l'ail haché pendant 5 minutes à feu vif.
Ajouter les tomates, la harissa, le concentré de tomates, les épices et le sucre.
Mélanger le tout et laisser cuire à feu moyen-vif pendant une vingtaine de minutes, le temps que la sauce épaississe.
Saler, poivrer, mélanger.
Creuser des trous dans la sauce (c'est là qu'on voit si la sauce a la bonne consistance ou non : si elle n'est pas assez épaisse, les trous ne tiennent pas) et déposer délicatement un œuf dans chacun des trous. Dans ma poêle, je peux en mettre 4 sans qu'ils se mélangent tous. Pour 6 œufs, on peut les cuire en deux fois.
Laisser cuire à feu moyen jusqu'à ce que les blancs soient pris.
Parsemer de persil et de coriandre.
Servir délicatement à l'aide d'une spatule pour éviter de casser les jaunes.




* Moi, je ne savais pas... C'est Joël Thiébault qui m'a appris le nom de ces poivrons violets la dernière fois que je suis allée au marché de l'Alma...